Jeux vidéo, cinéma, electro/house music

Deuteros, the Next Millenium

Deuteros, the Next Millenium

Je ne sais pas ce qui fait que 15 ans après sa sortie un jeu reste toujours aussi intéressant. Surtout si l’on considère la citation de mon ami Bernard, l’un des pionniers de « l’artisanat du web », qui a très justement dit un jour : Une année en informatique, c’est une année de chien

Ce qui donnerait à Deuteros, the Next Millenium, jeu sorti en 1990 (ou pas loin), l’âge irraisonnable de 105 ans. Donc je réitère ma question ^^ : qu’est-ce qui fait qu’un jeu centenaire intéresse toujours autant, surpassant l’intérêt que pourraient avoir des jeux derniers cris tels que Black ans White 2 ou Age of Empires 3 ? Comment un gros tas de pixels triés sur une palette de 16 couleurs accompagnés d’une police de caractères de taille 22, une bande son monocorde et des écrans très statiques peuvent rivaliser avec la 3D texturée shaderisée et l’ambiance environnementale EAX 3 des jeux d’aujourd’hui ?

A gauche, le contrôle principal, à droite, Terre Ville

Deuteros, à l’époque où il est sorti, c’était déjà pas une vitrine technologique pour l’Atari ST (ou l’Amiga). Des graphismes sobres à base d’images statiques, une bande son minimaliste et très peu de musique. Tout l’intérêt du jeu réside dans un scénario post-apocalyptique où la race humaine vient à peine de revenir sur Terre et où tout reste à reconstruire. Les théories dont se sert le jeu pour ses inventions sont inspirées des plus grandes découvertes scientifiques d’aujourd’hui (relativité d’Einstein) et de théories plus science-fictionnesques (transduction de masse). C’est un univers particulier qui nous est décrit dans Deuteros. L’histoire et les théories décrites dans le manuel sont passionnantes, l’univers gigantesque, les énigmes nombreuses. On révise notre astronomie avec la cartographie des planètes du système solaire et on apprend même qu’une 10ème planète – Decuria – se trouverait au-delà de l’orbite de Pluton. On continue de rêver par la suite en partant à la conquête de nouveaux systèmes solaires – Proxima, Centauri, etc.

Comme dans tout bon jeu de gestion et de stratégie, nos tâches concernent divers aspects tels que la recherche, la production, l’expansion, la gestion des ressources et la guerre.

La recherche permet de développer des plans pour la production. On peut en outre donner des coups de pouce à la recherche en faisant des découvertes.

La production, dans un premier temps, nécessite des artisans, qu’on pourra très vite dans le jeu, remplacer par des automates.

L’expansion se fera de planète en planète au moyen de stations orbitales, de stations planétaires et de vaisseaux inter-planétaires.

La gestion des ressources est importante puisque sur la dizaine de matières premières (titane, carbone, palladium, argent, etc.) du jeu, il faudra exploiter de nombreuses planètes du système… ou la ceinture d’astéroïdes, étape indispensable pour se procurer les premières denrées rares.

Enfin, la guerre contre les Méthanoïdes, premiers humains colons, est inévitable et perdurera au-delà des frontières de notre système solaire.

Si je devais trouver un équivalent à Deuteros aujourd’hui, ce serait Haegemonia. Encore que. Dans Haegemonia, on ne part pas véritablement de zéro, et je trouve qu’on est plus proches des champs de bataille que de la recherche et de la gestion des ressources. Il est certes plus beau. Mais moins passionnant.

La stratégie tour par tour a vraiment ce charme qu’on ne lui enlève pas. Deuteros fait partie de ces jeux qui démontrent que l’aspect d’un jeu n’en fait pas forcément un jeu intéressant (et reste une figure emblématique de cette époque où 4 ou 5 personnes pouvaient programmer un bon jeu). Ici, le dosage entre gestion des nombreux paramètres et prise de tête folle pour tout gérer, est largement bien maitrisé. Le gameplay est original mais relativement intuitif (je n’ai pas mis longtemps pour me remettre dans le jeu après toutes ces années). Le principal défaut, si c’en est un, serait son absence d’animation et son graphisme pauvre (par rapport à aujourd’hui, c’est sûr…). Mais après tout, si un jeu vous immerge tellement que les heures défilent sans que vous leviez le nez de votre écran, n’êtes-vous pas tout simplement heureux ? ^^

Pour y jouer : les roms avec une description et l’émulateur.

Comments on: "Deuteros, the Next Millenium" (7)

  1. Ca c’etait merveilleux comme soft, je me souviens d’avoir passé des heures dessus… et de son prédécesseur Millenium 2.2.Ah, Les générateurs MK machin et toute ces $*^*# de types qui respiraient de l’hydrogene (euh, à la réflexion je ne suis pas sur que c’était pas du méthane en fait…), c’est toute ma jeunesse ça !

    RépondreRépondre

  2. Content d’avoir lu ton article sur deuteros. Je pense aussi que ce jeu était par bien des aspects l’un des meilleurs en stratégie.
    En plus c’est l’exemple parfait qu’on peut faire un très bon jeu avec pas trop de moyens.
    D’ailleurs c’est pas impossible qu’il soit reprogrammé un jour.
    Des copains planchent la dessus… a+

    RépondreRépondre

  3. Il est malheureux que les très bons jeux n’offrent jamais de suites à leur hauteur, les exigences étant systématiquement revues à la baisse pour ratisser un plus large public, offrant pour seul résultat de dégouter leurs aficionados.
    A croire que tout logiciel développant un tant soit peu les capacités de son public est forcément suspect aux yeux des commerciaux.
    Pour ma part je ne doute pas un seul instant que le seul moyen pour l’homme d’échapper au funeste destin qu’il se prépare, est de passer par le développement et l’usage de simulations accessibles à tout les passionnés, permettant de tester par la confrontation, les solutions les plus efficaces pour tout problème y étant exposé.

    RépondreRépondre

  4. Le charme de Deuteros vient aussi du fait qu’il fallait comprendre le jeu au fur et à mesure. J’ai commencé ce jeu à 6 ans sur Amiga 500 pour ne le finir qu’à 20 ans sur Windows XP…!

    A l’époque pas de tutorial, il fallait deviner seul qu’il fallait réparer la base lunaire, deviner seul le fonctionnement et l’incroyable potentiel des ACC (Automates de Contrôle de Cargos) comprendre seul qu’il fallait approcher la ceinture de Kuiper pour raffiner les quelques petits astéroides contenant les précieux minerais nécessaires dans les nomenclatures de certains produits.

    Plus qu’un jeu de stratégie, c’est un véritable de jeu de gestion de stocks, noué avec une intrigue vraiment passionnante !

    Bref, le genre de jeu dont on ne risque plus de voir une digne suite :(

    RépondreRépondre

  5. Moi aussi, j’ai passé des heures et des heures sur mon atari st il y a bien une quinzaine d’année.
    Je ne pouvais plus décoller de mon siège tellement l’intrigue était grande…et l’absence de doc. ne faisait qu’agrandir ma curiosité…la curiosité…n’est ce pas d’ailleurs le propre de l’homme ?

    A+

    RépondreRépondre

  6. bonjour,
    j’ai beaucoup de bon souvenir avec deuteros également.
    grace au lien sur ton site j’ai retrouvé l’émulateur, et le jeu. mais je n’arrive pas à comprendre la manipulation quand le jeu demande à changer de disquette j’utilise
    winston v0.4.
    en tous cas mille merci déja pour le lien

    cordialement,

    fabcel

    RépondreRépondre

  7. Excellent , sur atari SY je l’avais terminé :)
    que de bon souvenir ! Merci :)

    Si tu veux un jeu du même genre, de plus en ligne, tentes OGame.fr ;)
    Ca te rapellera le principe de base :)
    Bonne chances !!!!

    RépondreRépondre

Leave a comment for: "Deuteros, the Next Millenium"